dimanche 27 mai 2012

Le Chaperon bleu (elle cueille quand il pleut)

Le Petit Chaperon rouge raconte une histoire affreuse, mais Charles Perrault en fait le récit sur un ton rieur, qui ne témoigne d'aucune compassion à l'égard de la petite fille, ni de sa grand-mère. Et l'action se déroule dans un paysage printanier, rutilant de soleil. Il y est question de papillons, de fleurs, de noisettes. On n'imagine pas le moindre nuage courir dans le ciel, et encore moins un orage éclater.

Il est bien rare qu'il pleuve dans la littérature classique, à la différence de ce que l'on voit dans un roman de Zola, par exemple. Je ne connais qu'une averse chez Perrault, mais elle est particulièrement réussie. C'est dans Le Petit Poucet : "Il survint une grosse pluie qui les perça jusqu'aux os ; ils glissaient à chaque pas et tombaient dans la boue, d'où ils se relevaient tout crottés, ne sachant que faire de leurs mains."


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samedi 26 mai 2012

Nora Gubisch chante Robert Schumann

On peut être sensible à la beauté d'une langue même quand on ne la comprend pas. Tout particulièrement quand cette langue est chantée. Célébrée par la musique et par la voix.
Robert Schumann compose Gedichte der Königin Maria Stuart (cinq Lieder sur des Poèmes de Marie Stuart), opus 135, en 1852. Ce devait être la dernière œuvre produite par lui pour voix seule, alors que sa santé déclinait (des précisions sur All music).
Le Lied est ici chanté par Nora Gubisch, accompagnée au piano par Alain Altinoglu.

jeudi 17 mai 2012

Une idée de Montaigne

Je pensais à Michel de Montaigne en faisant les 2 petites vidéos ci-dessous. L'idée de lui m'est venue pendant l'enregistrement, à cause du paysage d'abord, tel que je le redécouvrais dans le viseur, mais aussi à cause de la technologie que je mettais en œuvre. L'auteur des Essais prendrait-il le temps et la peine d'écrire pour le livre (papier) s'il était parmi nous, ou se convertirait-il à l'écriture en ligne, c'est-à-dire au blog? Il me semble qu'il verrait à la seconde option deux avantages décisifs, qui l'emporteraient: primo, il serait ravi de faire des photos et des vidéos pour les ajouter à ses écrits, je veux dire qu'il accepterait tout aussitôt de pratiquer une écriture hybride (multimédia); secondo, il se montrerait impatient de partager son écriture avec d'autres auteurs-lecteurs, des correspondants qu'il a gardés de ses voyages à Paris et en Italie. Il ne verrait pas pourquoi se restreindre sur ces deux points. Il n'y songerait pas un seul instant. Puis en rentrant de promenade, j'ai découvert un billet d'Aldus, où il déclare à propos de Bob Stein: "Au début de sa carrière, il pensait que le livre de demain serait comme le livre d'hier, plus de la vidéo et du son. Aujourd'hui, il milite pour un 'écosystème neuf', un livre centré sur l'écriture collaborative, un livre réseau" [+].

mercredi 16 mai 2012

Plans fixes

David Hockney dit: "Je pense que l'une des choses les plus tristes qui soient arrivées, c'est l'abandon du dessin dans les écoles d'art. Même si, au fond, chacun d'entre nous est autodidacte, il y a un certain nombre de choses que l'on peut enseigner. On ne peut pas apprendre à quelqu'un à dessiner comme Rembrandt, mais on peut apprendre à quelqu'un à dessiner assez bien. Apprendre à dessiner, c'est apprendre à regarder." (Martin Gayford, Conversations avec David Hockney, Seuil, 2011, p. 190.)

Il y a longtemps que je songe à entreprendre une collection de vidéos qui auraient pour seules caractéristiques communes d'être très brèves (moins de 20 s.) et enregistrées en plans fixes [ou plutôt en plans-séquences]. Certaines, à l'occasion, pourraient trouver leur destination finale dans un m@p où nous les incrusterions. Mais en règle générale il suffira qu'elles viennent s'ajouter ici, sur ce site, en contrepoint à l'écriture.

Je réactive un compte Vimeo pour publier les miennes--la première ICI--, en espérant que quelques-uns de mes amis (adultes) accepteront de collaborer à ce projet. Et surtout que notre exemple donnera envie à des élèves de s'y risquer à leur tour.